musique

Fats Waller

Ain’t Misbehavin’ – Stormy Weather (1943)

Thomas Wright Waller, dit Fats Waller, né le 21 mai 1904 à New York, mort le 15 décembre 1943, est un pianiste de jazz, organiste et compositeur américain.

Autodidacte

Issu d’une famille nombreuse et pauvre, le jeune Thomas apprend vite à se débrouiller seul. Vers l’âge de 6 ans, il se familiarise avec le piano d’une voisine puis reçoit quelques leçons. Il suit souvent ses parents qui prêchent au coin des rues. Au temple, il accompagne les chants sur l’orgue, instrument auquel il restera attaché toute sa vie. Son intérêt pour la musique grandit et l’acquisition d’un piano dans le foyer confirme sa vocation, il sera pianiste. Dans l’orchestre de l’école, il se distingue en jouant des airs à la mode.

Lorsqu’il découvre Harlem et sa vie nocturne, le déclic est foudroyant ; il trouve des petits emplois, joue de plus en plus et traîne aux abords des night-clubs afin d’approcher ses idoles. Au désespoir de son père avec lequel il se brouille, il quitte le domicile familial et fait la connaissance de James P. Johnson, alors maître incontesté du stride (style de piano jazz se basant sur des rythmes swing), devient son élève et son protégé. À 16 ans, il décroche son premier engagement en tenant l’orgue du Lincoln Theater durant les projections de films muets.

Début de carrière

Thomas Wright Waller, qu’on appelle déjà « Fats » en raison de sa corpulence, se révèle très doué. Il rencontre Willie « The Lion » Smith, autre grande figure de l’école stride de Harlem et trouve naturellement sa place dans le milieu professionnel. Sa notoriété ne cesse de grandir tant dans les night-clubs que dans le circuit des soirées privées.

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En 1922, il grave ses premiers enregistrements, Muscle Shoals Blues puis Birmingham Blues. Pour la QRS Company, il grave des « pianos-rolls » (rouleaux pour piano mécanique). À 20 ans, c’est un artiste reconnu sur toute la scène de Harlem. Il se lie d’amitié avec Andy Razaf, poète et parolier. Ensemble, ils écrivent des comédies musicales pour Broadway. De ces spectacles sont nés des thèmes qui sont aujourd’hui des standards de jazz, comme Ain’t Misbehavin’, Black and Blue ou Honeysuckle Rose.

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Une anecdote sur sa vie à Harlem mérite d’être racontée : un soir de 1926, Waller est kidnappé par quatre hommes et emmené chez Al Capone, légendaire parrain de la mafia. Sur place, il découvre une fête. Un revolver pointé dans son dos, il s’installe au piano et joue. Il réalise, terrifié, qu’il était l’invité surprise de la fête, l’anniversaire du parrain! Comprenant qu’il ne sera pas tué, il reprend son style habituel, joviale et blagueur. Il restera trois jours entiers chez Al Capone, en repartira bien saoul et les poches remplies de milliers de dollars.

indexAl Capone

Apogée

Durant toute sa carrière, Fats Waller ne signera pas moins de 450 compositions. Dans les années 1930, sa popularité en tant que pianiste, compositeur et chanteur est immense. Il enregistre ses plus beaux solos de piano, apparaît dans des films (Stormy Weather en 1943) et fait deux tournées en Europe. Chaque apparition en public déclenche les rires et la bonne humeur tant la personnalité de Fats est explosive et truculente. Avec son orchestre « Fats Waller and his Rhythm » fondé en 1934, il sillonne les États-Unis et grave près de 500 titres.

Fats Waller & his Rhythm – I’ve Got My Fingers Crossed (1935)

Parmi ses chansons les plus connues, citons Squeeze Me (1919), Ain’t Misbehavin’ (1929), Honeysuckle Rose (1929), I’ve Got a Feeling I’m Falling (1929), Blue Turning Grey Over You (1930) et Jitterbug Waltz (1942).

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Durant sa tournée triomphale au Royaume-Uni en 1938-1939, il est invité dans l’une des premières émissions de télévision de la BBC. Il y fait aussi quelques enregistrements, avec un orchestre du nom de Fats Waller & His Continental Rhythm. Il enregistre également sa London Suite en solo.

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À la demande des producteurs, il ajoute à son répertoire de plus en plus de chansons populaires sans intérêt particulier, qu’il interprètera avec les grimaces et pitreries réclamées par le public. Sur la fin de carrière, il confie à ses amis qu’il est las de son image d’amuseur burlesque et qu’il souffre de ne pas être considéré avant tout comme un musicien. Seuls ses proches et un public plus averti savaient que derrière le clown se cachait un pianiste complet et d’une grande sensibilité.

Fats Waller & Ada Brown – That Ain’t Right – Stormy Weather (1943)

Fin de vie et héritage

Adepte des femmes et de boissons, Fats Waller menait une vie à 100 à l’heure, trépidante et épuisante, plein d’excès. Par exemple, chez chacune de ses maîtresses, il faisait installer un piano pour pouvoir jouer à tout moment. Grand buveur, il avalait un gallion de whisky Bourbon par jour (environ 1,6L).

Après une succession de tournées harassantes qui l’affaiblissent considérablement, Waller meurt à 39 ans d’une broncho-pneumonie en décembre 1943, dans un train à proximité de Kansas City.

Your feet’s too big (1939)

Son fils dira plus tard : « ce qui l’a rendu célèbre, ce n’était pas sa capacité incroyable à jouer du stride, mais bien sa personnalité si vivante ».

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Une légende du swing qu’on aime toujours autant écouter et regarder!

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