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Louise Brooks

Louise Brooks est une actrice américaine, née Mary Louise Brooks en et décédée en . Louise Brooks est connue pour ses rôles dans les films muets des années 1920 aux États-Unis mais aussi, pour trois de ses films européens en 1929 et 1930, Loulou, Le Journal d’une fille perdue et Prix de beauté.

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Les débuts

Encore adolescente, elle commence sa carrière d’artiste comme danseuse, formée dès 1920, dans la compagnie de danse moderne de Denishawn à Broadway, où se trouvent également Martha Graham, Ruth Saint Denis et Ted Shawn. Après une session de cours, elle est recrutée à 16 ans pour de longues tournées américaines. Elle a à peine 17 ans lorsqu’elle triomphe dans le spectacle chorégraphique de danse contemporaine Les Sept Portes d’Ishtar.

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Elle obtint ensuite un rôle de danseuse à Broadway dans la troupe légère des Scandal’s, dont les chansons dansantes et affriolantes sont écrites par un jeune musicien, George Gerschwin. Elle part à Paris à l’instigation de ses parents, qui n’apprécient pas son départ de la troupe Denishawn, puis se fait engager comme « girl » à Londres au « Café de Paris », qui s’efforce de proposer des danses exotiques aux lords anglais, charleston et black bottom en primeur. Elle n’a pas dix-huit ans et vit déjà les folles années 1920 en Angleterre.

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Louise Brooks vers 1925

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Nostalgique de New-York, elle y revient très vite pour entrer dans la troupe des Ziegfeld Follies, animée par Florenz Ziegfeld, à Broadway, où elle se fait immédiatement remarquer, grâce au producteur Walter Wanger, par les studios américains (à l’époque basés à New York). Le passage à la danse légère et à la comédie érotique commence à inquiéter et troubler l’avenir de grande danseuse qu’elle prévoyait.

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Elle signe auprès des studios Paramount Pictures où elle passera la plus grande partie de sa carrière. En 1925, elle obtient un rôle (non crédité) dans le film muet The Street of Forgotten Men. Bientôt, elle obtient les premiers rôles dans un certain nombre de comédies légères. Elle se fait remarquer en Europe grâce à son rôle de vamp dans le film muet de Howard Hawks, Une fille dans chaque port (1928). Selon Howard Hawks, elle est surtout une fille rebelle, une révoltée née, reconnaissable au premier regard.

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La reconnaissance

Elle trouve un de ses grands rôles américains dans l’un des derniers films muets, Les Mendiants de la vie (1928). Fait rare pour l’époque, la plus grande partie de ce film est tournée en extérieurs, et le boom microphone est inventé pour ce film par le réalisateur William A. Wellman qui en a besoin pour tourner l’une des premières scènes parlantes du cinéma.

À cette période de sa vie, elle est au firmament. Elle est régulièrement invitée par le milliardaire William Randolph Hearst, dans sa propriété de Hearst Castle.

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Sa coiffure si unique déclenche une nouvelle mode, et elle est bientôt imitée par de nombreuses femmes dans le monde entier. « Je suis une blonde aux cheveux noirs », plaisantait-elle, en rappelant que les taches de rousseur de sa peau étaient recouvertes de poudre de maquillage blanche. Aux cours des années 1930 en Europe, la mode de la « coiffure Louise Brooks » s’étend aux adolescentes, puis aux petits enfants des deux sexes des milieux populaires dans les dernières années avant guerre.

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Peu après le tournage du film, Louise, qui se tient soigneusement à l’écart du « milieu » hollywoodien, refuse d’enregistrer des paroles pour le film muet The Canary Murder Case et part en Europe tourner sous la direction de G.W. Pabst, le célèbre réalisateur expressionniste allemand, mettant un terme à l’apogée de sa carrière à Hollywood.

Louise Brooks et Gustav von Seyffertitz dans The Canary Murder Case (1929)

Dans Loulou (Pandora’s box) sorti en 1929, son rôle de Loulou, une femme misérable aux prises avec Jack l’Éventreur après une série d’escapades salaces, fait d’elle une icône de la vie et de la mort dans la période jazzy. Ce film est renommé pour son traitement cru des mœurs sexuelles d’alors, y compris la première apparition à l’écran d’une lesbienne.

Voilà des extraits du film

Après avoir refusé définitivement en 1929 à Benjamin Percival Schulberg de participer à la sonorisation du film The Canary Murder Case, elle perd tout crédit auprès des principales maisons de cinéma hollywoodiennes. Elle repart en Europe, où elle tourne à nouveau avec Georg Pabst Le Journal d’une fille perdue (1929) à Berlin, puis Prix de beauté (1930) en France avec le réalisateur italien Augusto Genina.

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Ces sociodrames controversés sont largement censurés, étant très « adultes » dans leur propos et considérés comme choquants en raison de leur affichage de la sexualité, sans compter une critique acerbe de la société. Bien que passés inaperçus à l’époque en raison du succès des films parlants, ces trois films furent plus tard reconnus comme des pièces maîtresses du cinéma muet, son personnage de Loulou étant désormais mythique.

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Quand elle revient aux États-Unis, le krach boursier de Wall Street a commencé à déstructurer les anciennes bases de l’industrie des loisirs et du cinéma. Les flamboyantes années folles s’évanouissent du grand écran.

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Une précurseure

Louise est considérée comme l’une des premières actrices « naturelles » du cinéma, son jeu étant subtil et nuancé par rapport à de nombreux acteurs du cinéma muet. Le gros plan était en vogue chez les réalisateurs, et le visage de Louise s’y prêtait parfaitement.

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Louise a toujours été égocentrique, parfois d’un caractère difficile, et elle n’hésitait pas à user d’une verve acide lorsque l’occasion s’en présentait. De plus, elle s’était promis de ne jamais sourire face à la caméra, sauf si elle y était obligée. De son propre aveu, c’était une femme libérée, encline aux expériences, posant même nue pour des photographes, et ses liaisons éphémères avec de nombreuses vedettes du cinéma, comme Charlie Chaplin, sont légendaires.

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Elle était également dépensière, mais gentille et généreuse envers ses amis ou ses compagnons, presque à l’excès. Lorsqu’elle retourne à Hollywood, elle est sur la liste noire et ne peut reconquérir son succès d’antan.

 

Bilan d’une vie

Elle se maria deux fois mais n’eut jamais d’enfants : elle aimait à se décrire comme un ruisseau aride (barren brook en anglais). Son parcours cinématographique fut court mais il révolutionna la place de la femme dans les films. Son jeu d’actrice inédit et moderne lui vaut d’être encore une référence en la matière. Son style effronté et libre a aidé des générations de jeunes filles à s’émanciper.

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Après sa mort, un film biographique, Louise Brooks: Looking For Lulu, est réalisé en 1998.

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Voilà un très bon documentaire en 4 parties sur sa vie, avec des images d’elle-même pour nous la raconter :

Une artiste majeure du début du XXème siècle et dont la vie et les combats nous touche encore.

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